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TÉMOIGNAGE : LE PAYS DU MAL. OTAGES DU DJIHAD EN SYRIE, 152 JOURS


TEMOIGNAGE : LE PAYS DU MAL. OTAGES DU DJIHAD EN SYRIE, 152 JOURS

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# LE PAYS DU MAL. OTAGES DU DJIHAD EN SYRIE, 152 JOURS

Editeur: L’Harmattan
Auteur: Pierre Piccinin da Prata, Domenico Quirico

Historien et politologue, enseignant qui se veut un « reporter de guerre », spécialiste du monde arabo-musulman, « Pierre Piccinin da Prata a couvert les terrains » de toutes les soi-disant « révolutions du Printemps arabe », dit l’éditeur. C’est aussi un homme méprisé par les spécialistes auto-proclamés de l’Université franco-belge et les médias occidentaux, dont il recherche pourtant une caution qui ne viendra plus. Et c’est un homme controversé, qui est passé en Syrie du soutien au gouvernement Assad à sa dénonciation, puis a livré (dans ce livre précisément) un témoignage à décharge pour lui dans le dossier des « Attaques chimiques ».

Le témoignage de Piccinin – alors pro rebelles – implique l’ASL dans l’attaque au gaz de Djobar. Mis en cause : un « général de l’Armée syrienne libre » et deux officiers supérieurs de la « brigade Abou Ammar », une katiba djihadiste intégrée à l’ASL, avec des activités criminelles. Que dit alors le témoin Piccinin, enlevé par l’ASL et anti-Assad, sur ses anciens amis : « C’est un devoir moral de le dire. Ce n’est pas le gouvernement de Bachar Al-Assad qui a utilisé le gaz sarin ou autre gaz de combat dans la banlieue de Damas. Nous en sommes certains suite à une conversation que nous avons surprise. »

Faudrait-il donc refuser le témoignage d’un témoin de premier plan ?
D’avril à septembre 2013, il a été retenu en otage par les Brigades islamistes al-Farouk, avec l’envoyé spécial du quotidien italien La Stampa, Domenico Quirico. Ce sont cinq mois de souffrances, de colère, d’enfermement à travers les villes en ruines et les campagnes ravagées que les auteurs nous livrent dans ce témoignage.

EXTRAIT

« La fatigue, la faim et la soif, auxquelles s’ajoute cet état de somnolence répétée, rendent la nuit fantastique : j’en perds complètement la notion du temps et, à la lueur des fusées éclairantes tirées en contre-jour, les miliciens qui se suivent en files indiennes prennent des allures de géants et ressemblent aux ombres que produit le théâtre chinois pour conter avec des marionnettes les légendes antiques.

Le 7 juin, peu avant l’aube, cette fantasmagorie devint dantesque, lorsqu’il fallut forcer les lignes gouvernementales pour la deuxième fois…

Nous nous mettons à courir sur un chemin bombardé où l’on meurt tout autour de nous. Dans les fossés, des blessés hurlent, grimaçants, et tendent vers nous leurs mains ensanglantées, tandis qu’explosent dans la campagne les obus de l’artillerie ennemie et que retentissent les tirs saccadés des mitrailleuses. Partout, dans les champs en friche, les herbes folles brûlent sous le vent, et les hautes flammes qui s’en élèvent font se contorsionner les noirs reflets des corps qui se bousculent en une cohue infernale, danse macabre où, en cherchant un peu, l’on aurait probablement pu distinguer parmi les danseurs les pieds fourchus de Satan, si l’obligation d’avancer sans se retourner n’avait été aussi pressante. Des tourbillons de fumée épaisse, chargés de paillettes de végétaux calcinés, sont repoussés vers le sol par la furie du ciel, qui rend ainsi l’air âcre et sec, dont chaque inspiration nous griffe la gorge et étouffe nos poumons. (…)

Alors que nous avons presque atteint la ville, dont les édifices de béton clair se reflètent dans le ciel, ajoutant ce prodigieux phénomène à la vision hallucinée de cet enfer, nous sommes pris sous le feu d’une mitrailleuse. Les balles ricochent sur le sol et fendent l’air tout autour de nous. Notre avancée est arrêtée par les corps de jeunes djihadistes qui nous précédaient, fauchés par une rafale. L’infâme et les deux esclaves, apeurés, ne sachant comment se protéger, se sont presque accroupis et hurlent, sans plus avancer. Depuis que nous nous sommes élancés vers la ville, ils se sont agrippés à nos vêtements et ne nous lâchent pas, de peur que, profitant du désordre, nous nous enfuyions. (…)

Lorsque je parviens au sommet de la colline, à l’entrée de la ville, je me retourne pour, d’un regard, embrasser le tableau infernal et fabuleux que produit toute cette foule ainsi bombardée et mitraillée ; et j’ai le sentiment, à ce bref instant, de découvrir la vision extatique de la Géhenne, grande ouverte à mes yeux, à mes oreilles, à mon odorat, béante, peuplée des âmes des damnés qui se débattent et se tordent dans la douleur, emprisonnées des hautes flammes qui tournoient tout autour d’elles et brûlent leur peau. L’effroyable spectacle est surréaliste, monstrueux… »

L’AUTEUR :

Pierre Piccinin da Prata a effectué neuf voyages en Syrie, depuis le début des troubles, et, en mai 2012, il avait été arrêté par les services secrets syriens et emprisonné dans leurs prisons de Homs et de Damas. Il collabore à plusieurs quotidiens et revues. Depuis mai 2014, il est rédacteur en chef du mensuel électronique Le Courrier du Maghreb et de l’Orient. Aux Éditions de L’Harmattan, il a déjà publié La Bataille d’Alep et Tunisie, du triomphe au naufrage (entretiens avec le Président Moncef Marzouki).
Enseignant de l’athénée de Philippeville (Près de Charleroi, Wallonie), historien et politologue de formation, passe ses congés scolaires à voyager dans les zones de guerre, Pierre Piccinin se rendait en Syrie pour la 7e fois depuis le début du soulèvement anti Assad en 2011. Il avait basculé du côté de l’ASL après une arrestation. Enlevé par ses amis rebelles en Syrie en avril 2013, il avait été libéré le 8 août 2013 avec l’Italien Domenico Quirico, journaliste au quotidien La Stampa.

Domenico Quirico est journaliste, grand-reporter à La Stampa. Il a couvert les principaux événements de ces vingt dernières années en Afrique, de la Somalie au Congo, du Rwanda au Printemps arabe. Il a reçu les prix Cutuli et Premiolino du journalisme italien. Il a accompagné Pierre Piccinin da Prata en Syrie durant cinq de ses voyages. Il est l’auteur de Primavera araba, aux Éditions Bollati Boringhe

EAN 9782343040110
ISBN 2343040114

EODE / 2015 02 13 /
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