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Turquie/ Syrie /Arméniens/ Kassab… suite


Turquie Syrie Arméniens Kassab suite
simone lafleuriel-zakri

A propos de Turquie et Syrie et Kassab voir surtout dernier paragraphe :

C’est un extrait l’article sur : JOL presse internationale à Turquie arméniens et Syrie mots clefs

Ci joint un extrait d’analyse sur JOL presse : international
……extrait :
La Turquie, base arrière des rebelles syriens
3eme paragraphe : question de JOL Press : Quelles sont les conséquences de ce soutien de la Turquie aux rebelles syriens ?

extrait : ………..

Laurent Leylekian : Si la Turquie est en ligne avec les Occidentaux quant aux fins à obtenir – le renversement du régime de Bachar al-Assad – elle n’est pas suivie par la communauté internationale quant aux forces sur lesquelles s’appuyer : la Turquie est la base arrière de mouvements islamistes radicaux. Ainsi, le Financial Action Task Force (FATF) – un organisme intergouvernemental de lutte contre le financement du terrorisme – a bien failli inscrire la Turquie, en février 2014, sur sa liste des pays non coopératifs.

Dans ce contexte, certains pays arabes pointent du doigt la volonté hégémonique de la Turquie dans la région. Et cette volonté de vouloir récréer la grandeur de l’empire ottoman est effectivement mise en avant par le Premier ministre turc.
JOL Press : La crise syrienne représente-t-elle un danger pour la sécurité interne de la Turquie ?

Laurent Leylekian : La Turquie affiche une stabilité qui n’est que de façade. Il est certain que l’afflux massif de réfugiés syriens contribue à déstabiliser le pays. Du reste, Ankara discrimine certains réfugiés, les alaouites, – qui n’ont pas accès aux soins, à un logement ou à de la nourriture – au profit des sunnites. Or, une telle ségrégation rejaillit sur certains citoyens turcs, les alévis, victimes de brimades.

Par ailleurs, à l’approche des élections municipales en Turquie, qui se tiendront le 30 mars, ces éléments sont exploités à des fins politiques sans que l’on sache vraiment dire si Gülen – le prédicateur de Pennsylvanie qui s’oppose à Erdogan – est réellement plus démocrate que lui.
JOL Press : Y’a-t-il d’autres facteurs à prendre en considération pour comprendre l’implication de la Turquie dans le conflit syrien ?

Oui, il y en a beaucoup d’autres. Par exemple, la concurrence entre les deux puissances régionales que sont la Turquie et l’Iran vis-à-vis du Proche-Orient. Mais il existe un autre facteur de basse intensité sur lequel je voudrais insister, car il échappe généralement à la grille de lecture dominante : le nord de la Syrie (Alep, Rakka, Deir-es-Zor) fut le lieu de l’extermination des Arméniens lors du génocide de 1915. Les communautés arméniennes de la région, descendantes des rescapés, constituent les preuves vivantes de ce crime d’Etat.

Pour la Turquie – qui n’a jamais reconnu ce massacre – le chaos en Syrie et la possibilité d’y faire incursion, directement ou indirectement, constituent l’occasion rêvée d’éliminer ces traces. La récente attaque de Jabhat al-Nosra, menée ce week-end à partir du territoire turc et avec le soutien logistique de l’armée turque, contre le canton de Kessab majoritairement peuplé d’Arméniens est une illustration directe de cette volonté.

Propos recueillis par Marie Slavicek pour JOL Press

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Laurent Leylekian est analyste politique, spécialiste de la Turquie.