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UKRAINE : ZELENSKY VEUT-IL LA GUERRE MONDIALE ?


16 Novembre 2022

Publié par El Diablo

Il veut la «guerre mondiale» : Zelensky critiqué après ses accusations précipitées contre la Russie

De nombreux observateurs soulignent l’imprudence de Volodymyr Zelensky, qui a accusé précipitamment la Russie d’avoir frappé le territoire polonais alors qu’il s’agirait d’un missile ukrainien, entraînant le conflit au bord d’une escalade majeure.

Les accusations précipitées contre la Russie du président ukrainien Volodymyr Zelensky après la chute d’un missile en territoire polonais interpellent nombre d’observateurs, inquiets de voir le chef d’Etat pousser à une dangereuse escalade du conflit avec tant de légèreté.

Quelques minutes seulement après la chute du missile qui a fait deux morts, Volodymyr Zelensky s’est en effet empressé d’accuser la Russie d’avoir frappé la Pologne – un membre de l’OTAN –, appelant à une réaction. «La terreur ne se limite pas à nos frontières nationales. Des missiles russes frappent la Pologne. Frapper le territoire de l’OTAN avec des missiles. […] C’est une attaque de missiles russes contre la sécurité collective ! C’est une escalade vraiment significative. Nous devons agir», a-t-il ainsi déclaré.

Si les Etats-Unis et l’OTAN ont ensuite tempéré cette accusation, estimant plus probable qu’il s’agisse d’un missile de système ukrainien de défense anti-aérien, la portée et les conséquences des propos à l’emporte-pièce du président ukrainien n’ont laissé personne indifférent.

Les affirmations précipitées de Zelensky critiquées

«Cette séquence est la démonstration des procédés de communication de [Volodymyr] Zelensky. L’Ukraine ne tient que par sous perfusion militaire de l’OTAN et financière des contribuables européens. Encore une fois, il a voulu utiliser un prétexte pour nous entraîner dans la guerre mondiale», a ainsi souligné le député du Rassemblement national Thierry Mariani.

L’ancienne ministre de l’environnement Ségolène Royal appelle de son côté à émettre des sanctions contre «les auteurs de propagande de guerre qui veulent empêcher le cessez-le-feu» et souhaite créer une «instance de validation des informations de guerre».

Le président des Patriotes Florian Philippot estime quant à lui que Volodymyr Zelensky «a loupé son coup, à savoir la guerre mondiale», soulignant que même les Etats-Unis avaient dit que le missile venait d’Ukraine. «Attention aux mauvais coups à venir !», a-t-il mis en garde.

Les interrogations et inquiétudes suscitées par les déclarations alarmistes de Varsovie et de Kiev au sujet de la chute d’un «missile russe» à Przewodów le 15 novembre, près de la ville de Lublin, non loin de la frontière ukrainienne, ont été en partie levées ce 16 novembre après les mises au point successives de Moscou, Washington, Varsovie et de l’OTAN.

«Pas d’indication d’une attaque délibérée», dit l’OTAN

Le ministère russe de la Défense confirme avoir mené «une frappe massive avec des armes de haute précision» contre une série de cibles en Ukraine, mais a tenu à souligner que celles-ci ont «été effectuées uniquement sur des cibles situées sur le territoire de l’Ukraine et à une distance d’au moins 35 kilomètres de la frontière ukraino-polonaise». Et, d’après l’analyse des photographies des restes du missile publiées par la Pologne, les experts militaires russes ont conclu que ceux-ci appartenaient à un «missile guidé antiaérien du complexe de défense aérienne S-300 des forces armées ukrainiennes», confirmant ainsi les déclarations russes faites immédiatement après l’annonce de l’incident.

Le président américain Joe Biden lui-même s’est exprimé depuis le sommet du G20 à Bali (Indonésie) et a estimé qu’il était «improbable» que le missile ait été tiré depuis la Russie. Selon une source de l’OTAN citée par Reuters, le président des Etats-Unis aurait même explicitement fait savoir aux membres du G7 et de l’Alliance atlantique qu’un missile antiaérien ukrainien était en cause dans la mort des deux citoyens polonais.

Jens Stoltenberg, le patron de l’Alliance atlantique, s’est également exprimé sur le dossier, affirmant qu’il n’existait «pas d’indication d’une attaque délibérée» qui aurait visé la Pologne. «Notre analyse préliminaire suggère que l’incident a été probablement causé par un missile de système ukrainien de défense anti-aérien tiré pour défendre le territoire ukrainien contre les missiles de croisière russes», a-t-il déclaré lors d’une conférence de presse tenue à Bruxelles.

Ce 16 novembre en fin de journée, le président ukrainien Volodymyr Zelensky a pourtant réaffirmé à la télévision que le missile ayant tué deux personnes dans un village polonais près de la frontière avec l’Ukraine était russe : «Je n’ai aucun doute que ce missile n’était pas à nous. Je crois que c’était un missile russe.»

Devant le G20, Zelensky plaide pour la fin de la guerre mais refuse des accords de Minsk 3

Le président ukrainien a plaidé pour la fin du conflit, évoquant notamment sa volonté d’un échange de prisonniers «tous pour tous». Mais pour Moscou, le rejet par Kiev de nouveaux accords de Minsk reflète une volonté de ne pas négocier.

S’exprimant en vidéo face aux dirigeants du G20 à Bali, le président ukrainien Volodymyr Zelensky, sans doute grisé par les récentes reprises de terrain, a semblé vouloir négocier à son avantage avec la Russie. Abordant la question des prisonniers, le dirigeant a exigé d’échanger sans distinction tous les prisonniers des deux camps. Dans le même temps, il a réitéré son opposition à la conclusion de nouveaux accords de Minsk, ce qui montre selon Moscou que Kiev ne souhaiterait pas, en réalité, négocier.

Zelensky ne veut pas de Minsk 3

«Je suis convaincu qu’il est temps à présent que la guerre destructrice de la Russie s’arrête», a déclaré Volodymyr Zelensky, dans son habituel t-shirt kaki. «[Elle] doit et peut être arrêtée», a-t-il ajouté, selon la traduction en anglais consultée par l’AFP.

Quant aux moyens à mettre en œuvre pour atteindre cet objectif, le chef d’Etat a précisé, d’après un compte-rendu de l’agence russe TASS, qu’il ne signerait pas d’accords sur le format des accords de Minsk 1 et 2. «Il n’y aura pas de Minsk 3», a-t-il spécifié, estimant que Moscou ne les respecteraient pas. Conclus en 2015, les accords de Minsk étaient censés constituer une base pour le règlement du conflit dans le Donbass entre Kiev et les républiques autoproclamées. Mais la Russie accuse les autorités ukrainiennes d’avoir toujours refusé de les appliquer.

Volodymyr Zelensky a ajouté que l’Ukraine avait son propre plan de paix. Parmi les mesures défendues par Kiev, figure notamment un échange intégral de prisonniers. «Nous devons nous unir pour le seul modèle possible de libération des prisonniers « tous pour tous « », a ainsi affirmé le président ukrainien. Il a précisé que l’échange incluait les civils partis en Russie, qui sont selon lui des «personnes déplacées».

Le dirigeant a ensuite qualifié le sommet de «G19», excluant symboliquement la Russie (représentée à Bali par le ministre des Affaires étrangères Sergueï Lavrov).

L’Ukraine réclame le retrait des troupes russes de son territoire et le retour de son intégrité territoriale, incluant la Crimée, rattachée à la Russie en 2014. Le président ukrainien s’est par ailleurs interdit par décret de négocier avec Vladimir Poutine.

Moscou dénonce des revendications «irréalistes»

Pour la Russie, les revendications ukrainiennes sont irréalistes, comme l’a expliqué Sergueï Lavrov en marge du G20. «Tous les problèmes proviennent de la partie ukrainienne qui refuse catégoriquement des négociations et avance des revendications manifestement irréalistes et pas en adéquation avec la situation», a fait valoir le ministre russe des Affaires étrangères, tout en réaffirmant que Moscou ne s’opposait pas à des négociations.

Sergueï Lavrov a en outre dénoncé le caractère «russophobe» de l’intervention de Volodymyr Zelensky devant le G20. Il a également accusé une fois de plus l’Occident de mener une «guerre hybride» contre la Russie en se servant de l’Ukraine. Il a par ailleurs affirmé que les pays du «tiers-monde» qui ne se sont pas joints aux sanctions savent pertinemment «qui freine ce processus [de paix]», à savoir l’Ukraine puisque Volodymyr Zelensky «s’est fixé lui-même l’interdiction de conclure un accord avec la Russie».

Tous les problèmes proviennent de la partie ukrainienne qui refuse catégoriquement des négociations et avance des revendications manifestement irréalistes

Le chef de la diplomatie russe s’est montré sceptique sur les informations parues dans la presse selon lesquelles les Etats-Unis envisageraient des négociations : «Ces rumeurs apparaissent régulièrement, puis disparaissent», a-t-il commenté.

Enfin, le porte-parole du Kremlin Dmitri Peskov a déclaré à l’agence RIA Novosti que le refus par le président ukrainien d’accords de Minsk 3 «confirm[aient]» que Kiev n’avait pas l’intention de négocier.

Vu sur l’application RT News

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