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Vladimir Poutine expose les raisons et objectifs de l’intervention russe en Ukraine


par lecridespeuples
Rencontre avec des membres féminins du personnel navigant des compagnies aériennes russes

Vladimir Poutine a visité le centre de formation aéronautique d’Aeroflot et a rencontré des membres féminins du personnel navigant des compagnies aériennes russes, le 5 mars 2022.

Source : en.kremlin.ru

Traduction : lecridespeuples.fr

Transcription :

Vladimir Poutine : […] Le peuple russe a toujours traité l’aviation avec beaucoup de respect et d’intérêt, en particulier à l’égard des femmes dans l’aviation. Il me semble que les premières femmes aviatrices russes sont apparues au début du 20e siècle et qu’elles se sont forgé une réputation pendant la Grande Guerre patriotique. Nous connaissons tous ces noms célèbres de régiments d’aviation féminins et leur bilan de combat. Aujourd’hui, les femmes occupent tous les postes, y compris ceux de contrôleurs aériens, d’ingénieurs, de techniciens et, je le répète, les hôtesses de l’air et les pilotes. Dans l’ensemble, il s’agit d’une force féminine importante qui complète la section masculine du secteur de l’aviation.

Je pense que c’est tout pour les remarques liminaires, car il serait plus utile et pertinent que je réponde à vos questions. Alors, passons à cette partie maintenant.

Encore une fois, félicitations l’occasion de la Journée internationale de la femme.

Remarque : Merci.

Avez-vous des questions ? Ou irons-nous juste prendre un thé ?

Maria Kotova : Nous avons des questions.

Bonjour, Vladimir Vladimirovich,

Je m’appelle Maria Kotova. Je suis le copilote de l’avion de ligne Airbus A320 exploité par Aeroflot.

Ma question porte sur la situation actuelle en Ukraine. Nous soutenons tous vos actions et l’opération spéciale qui s’y déroule. Bien sûr, la question la plus importante que, d’une manière ou d’une autre, chacun de nous se pose ces derniers temps est : pourquoi cette opération spéciale a-t-elle été lancée ? Cela n’aurait-il pas pu être évité ?

Dans notre esprit, nous comprenons et soutenons fermement vos actions, mais en tant que femmes, nous nous inquiétons pour nos familles et nos proches qui vivent en Ukraine. Nous sommes conscients que les civils ne sont pas ciblés. Mais tout de même, nous aimerions que vous nous rassuriez : que trouverons-nous au bout de ce chemin ? Par quoi l’opération militaire en Ukraine est-elle censée se terminer ?

Merci.

Vladimir Poutine : Je vais donner un bref aperçu et partir, comme on dit dans de tels cas, du « centre du terrain ». Je l’ai mentionné au début de l’opération et avant même que cette décision ne soit prise, ce qui fut sans doute une décision difficile à prendre.

De quoi est-il question ? Le fait est qu’après le coup d’État anticonstitutionnel en Ukraine, malheureusement fortement soutenu par les pays occidentaux… Avouons-le. Ils ne cachent pas le fait qu’ils y ont dépensé 5 milliards de dollars américains, distribué des cookies sur la place Maïdan, etc. Et puis, au lieu de remettre la situation sur les rails, même si c’était hors de contrôle, même si c’était ce qu’on appelle un « acte excessif » – c’est une telle notion juridique– , c’est-à-dire qu’ils ont prévu une chose, mais en ont fait une autre. Quoi qu’il en soit, ils auraient pu et dû ramener cette situation sur la voie politique. De plus, juste avant le coup d’État, trois ministres des Affaires étrangères sont venus à Kiev en 2014, ont signé un accord avec les autorités en place et se sont portés garants de ces accords à l’effet que la situation resterait sur la voie politique.

Mais ils n’ont rien fait de la sorte. Ils ont perpétré un coup d’État et soutenu les auteurs. Puis ont suivi les événements bien connus liés à la Crimée et au sud-est de l’Ukraine, le Donbass, dont les habitants ont refusé de soutenir le coup d’État.

Comme vous le savez, la Crimée a pris une décision, les gens sont venus au référendum et ont voté pour faire à nouveau partie de la Fédération de Russie. Naturellement, nous ne pouvions que les soutenir, d’autant plus qu’ils étaient menacés par les nationalistes et les néo-nazis. Il y a beaucoup de preuves qu’ils avaient raison.

Sur l’EuroMaïdan et les événements en Crimée, voir l’indispensable documentaire Crimée : le retour à la patrie

Plus tard, ou pratiquement en parallèle, des événements ont commencé dans le Donbass. Quel a été le résultat ? Les personnes qui ont commencé à résister à ces développements ont été persécutées. Kiev a lancé des opérations militaires sur ce territoire. Ils ont mené deux opérations punitives à grande échelle avec l’utilisation d’armes lourdes et d’avions de combat. Ils ont attaqué Donetsk directement avec des chars et bombardé ses squares depuis des avions.

Les deux campagnes militaires ont échoué. Ils ont subi deux défaites. Cela a été suivi par l’émergence des soi-disant Accords de Minsk ou « Paquet de mesures », pour utiliser leur nom officiel. Ils montraient la voie vers un règlement pacifique de ce conflit. Et nous avons tout fait pour que les développements suivent cette veine afin de restaurer l’intégrité territoriale de l’Ukraine et de protéger les intérêts des personnes qui vivent sur ces territoires.

Et qu’ont exigé [Donetsk et Lougansk] ? L’essentiel : le droit de parler leur langue maternelle, c’est-à-dire la langue russe, et de suivre leurs traditions et leur culture. Il n’y avait pas de demandes particulières. Rien de spécial.

Mais non. Ces territoires ont été assiégés et coupés du système bancaire, de l’approvisionnement alimentaire et du paiement des pensions et autres allocations. Parfois, des aumônes ont été jetées. Mais pour recevoir ces prestations et pensions, les gens devaient franchir la ligne de démarcation [à leurs risques et périls].

Maintenant, écoutez attentivement. Peut-être que cela semblera difficile, mais la situation m’oblige à dire de telles choses. Vous voyez parfois que des chiens errants attaquent des gens dans différentes régions. Ils blessent et même tuent des gens (c’est un problème à part et les autorités locales doivent s’en occuper). Ensuite, nous voyons comment ces chiens sont empoisonnés ou abattus. Mais écoutez, les gens du Donbass ne sont pas des chiens errants. De 13 000 à 14 000 personnes ont été tuées au cours de ces années. Plus de 500 enfants ont été tués ou mutilés.

Mais le plus insupportable, c’est que le soi-disant « Occident civilisé » a préféré fermer les yeux sur ces événements pendant toutes ces années. Plus de huit ans !

Voir le documentaire Donbass d’Anne-Laure Bonnel

De plus, récemment, les autorités de Kiev ont commencé à dire sans ambages qu’elles ne respecteraient pas ces accords. Leurs responsables le disent sur les écrans de télévision et en ligne. Ils disent publiquement : « Nous ne les aimons pas, nous ne ferons rien. »

Pendant ce temps, la Russie a continué d’être accusée de ne pas respecter ces accords. C’est tout simplement du non-sens, le théâtre de l’absurde : le blanc s’appelle noir et le noir s’appelle blanc.

C’est devenu pire ces derniers temps. Soudain, on a recommencé à parler de l’admission de l’Ukraine à l’OTAN. En fait, cela dure depuis longtemps, mais ça s’est intensifié ces derniers temps. Comprenez-vous à quoi cela pourrait mener ou même peut encore mener ? Si l’Ukraine est un pays de l’OTAN, alors conformément au Traité de l’Atlantique Nord, tous les autres membres doivent soutenir ce pays en cas de conflit militaire.

Personne ne reconnaît la Crimée comme faisant partie de la Russie, à part vous et moi. Ils mènent des opérations militaires dans le Donbass, et ils s’en prendront également en Crimée, et nous devrons nous battre avec toute l’organisation de l’OTAN. Voyez-vous ce que cela signifie ?

Les conséquences sont-elles suffisamment claires ? Je pense que tout le monde comprend.

Maintenant, l’Ukraine parle d’acquérir un statut nucléaire, c’est-à-dire d’acquérir des armes nucléaires. Nous ne pouvons pas non plus ignorer de telles choses, surtout parce que nous savons comment le soi-disant Occident agit à l’égard de la Russie. Premièrement, l’Ukraine a des compétences nucléaires depuis l’époque soviétique. En ce qui concerne l’enrichissement et les matières nucléaires, ils sont capables de lancer de tels projets. Ils ont des compétences en matière de missiles. Qu’il suffise de mentionner Yuzhmash, qui créait des équipements de missiles balistiques intercontinentaux pour l’Union soviétique. Ils peuvent l’améliorer et le faire. Et ils recevront également de l’aide de l’autre côté de l’océan. Et puis ils diront que nous ne reconnaissons pas leur statut nucléaire, qu’ils l’ont atteint eux-mêmes, et ils mettront ces systèmes sous contrôle, et à partir de ce moment, à partir de cette seconde, l’avenir de la Russie changera de manière dramatique. Désormais, nos adversaires stratégiques n’auraient même plus besoin de missiles balistiques intercontinentaux. Ils seraient capables de nous maintenir en joue sous la menace nucléaire, et ce serait tout.

Mais comment pouvons-nous laisser cela passer inaperçu ? Ce sont des menaces absolument réelles, pas des bêtises farfelues. Et nos jeunes hommes qui se battent là-bas en ce moment donnent leur vie, ils donnent leur vie pour se battre pour notre avenir, pour l’avenir de nos enfants. C’est une chose tout à fait évidente.

Ceux qui ne veulent pas comprendre cela, en particulier parmi les dirigeants d’aujourd’hui, doivent comprendre que s’ils continuent à faire ce qu’ils font –je l’ai déjà dit aussi– ils remettront en question l’avenir même de l’État ukrainien. Et si cela se produit, ce sera entièrement sur eux.

Qu’est ce qu’il se passe maintenant ? J’ai déjà parlé des objectifs que nous avons identifiés.

Le premier est de protéger les habitants du Donbass, bien sûr. Comment ? En démilitarisant et dénazifiant l’Ukraine et en lui donnant un statut neutre. Pourquoi ? Parce qu’un pays neutre n’envisagera pas d’adhérer à l’OTAN. À l’heure actuelle, leur Constitution dit qu’ils envisagent de rejoindre l’OTAN. Vous comprenez, ils ont inclus cela dans la Constitution.

Qu’entend-on par dénazification ? J’en ai parlé avec mes collègues occidentaux : « Et alors ? Vous avez aussi des nationalistes radicaux [en Russie]. » Oui, c’est vrai, mais nous n’avons pas de personnes ayant des opinions extrêmes au sein du gouvernement. Et tout le monde admet que côté ukrainien, ils en ont. Oui, nous avons peut-être des imbéciles qui se promènent avec la croix gammée en Russie, mais soutenons-nous cela au niveau gouvernemental ? Avons-nous des milliers de personnes qui défilent avec des torches à Moscou ou dans nos autres capitales régionales, avec la croix gammée et avec des torches, comme dans les années 1930 en Allemagne ? Avons-nous cela ? Non, c’est ce qui se passe en Ukraine, et ils le soutiennent. Soutenons-nous ceux qui ont tué des Russes, des Juifs et des Polonais pendant la guerre ? Les salue-t-on en héros ? Non, mais en Ukraine, c’est ce qu’ils font.

Ce qui se passe maintenant est également très important. Regardez, des citoyens étrangers ont été pris en otage à Soumy et à Kharkov –plus de 6 000 jeunes, des étudiants. Ils ont été conduits à une gare et y ont été retenus pendant trois jours. Nous en avons parlé à tout le monde et avons envoyé cette information aux dirigeants actuels de l’Ukraine. « Oui, oui, bien sûr, nous allons nous en occuper maintenant. » Nous en avons informé les dirigeants des grands pays européens. Je leur ai parlé personnellement. « Oui, oui, nous allons les influencer tout de suite. » Nous en avons parlé au Secrétaire général de l’ONU : « Oui, oui, nous allons régler ce problème maintenant. » Mais personne ne fait rien à ce sujet.

Ils traitent encore pire ceux qu’ils considèrent comme leurs propres concitoyens. Ils les utilisent simplement comme des boucliers humains.

Cela se passe à Marioupol en ce moment même. Ils nous ont appelés du gouvernement, de Kiev et ont parlé avec nos militaires : « Fournissez des couloirs humanitaires pour que les gens puissent partir. » Bien sûr, nous avons réagi instantanément et avons même suspendu les hostilités. Nous avons regardé ce qui se passait. Personne n’était autorisé à sortir. Comprenez-vous ce qu’ils font ? Ils ne laissent personne partir mais utilisent les gens comme boucliers humains. Qui sont-ils ? Des néo-nazis, bien sûr.

On y note la présence de militants du Moyen-Orient et de certains pays européens. On les connaît, on entend leurs communications. Ils utilisent des soi-disant Jihad-mobiles [voitures kamikazes] : ils bourrent les voitures d’explosifs et foncent vers nos troupes. Mais ils n’arrivent à rien et ils n’atteindront pas leurs objectifs.

Qui sont-ils sinon des néo-nazis ? C’est par ces actions qu’ils détruisent leur propre pays et leur État.

Par conséquent, l’une de nos principales revendications est la démilitarisation. En d’autres termes, nous aidons les gens, les habitants du Donbass à obtenir un statut neutre et à démilitariser le pays car nous devons comprendre clairement quelles armes s’y trouvent, où elles sont déployées et qui les contrôle.

Voir La Russie accuse le Pentagone d’avoir développé des armes biologiques en Ukraine

Différentes options sont possibles ici. Nous en discutons maintenant, en particulier, avec des représentants du gouvernement de Kiev lors des pourparlers en Biélorussie. Nous sommes reconnaissants au Président Loukachenko d’avoir organisé ces rencontres et de nous avoir aidés à les mener. Nos propositions sont sur la table des négociations. Nous espérons qu’un groupe de négociateurs de Kiev leur répondra positivement.

C’est plus ou moins ce que je voulais dire sur la question. Continuons.

Yulia Shvidkaya : Yulia Shvidkaya, copilote avec Aeroflot Airlines.

Bonjour, Vladimir Vladimirovich.

J’ai une question sur la situation actuelle. Le fait est qu’il y a tellement de rumeurs sur la possibilité d’une loi martiale, l’enrôlement de volontaires, l’appel de réservistes, et que les nouveaux conscrits seront envoyés en Ukraine.

Pouvez-vous nous dire précisément si la loi martiale sera déclarée et si des conscrits seront envoyés en Ukraine ?

Voir Terreur à Marioupol : des centaines de milliers de civils pris en otage par les néo-nazis

Vladimir Poutine : Une grande partie de ce qui se passe actuellement, de ce que nous pouvons voir et de ce à quoi nous nous heurtons, ce sont des méthodes de combat contre la Russie. D’ailleurs, les sanctions qui nous sont imposées sont comme une guerre. Heureusement, on n’en est pas encore là.

Je pense que nos soi-disant partenaires comprennent à quoi cela peut mener et quel est l’enjeu, malgré leurs déclarations imprudentes, par exemple, comme la déclaration de la ministre britannique des affaires étrangères, lorsqu’elle a laissé échapper que l’OTAN pourrait s’impliquer dans le conflit. Et nous avons dû immédiatement prendre la décision de mettre nos forces de dissuasion en état d’alerte maximale.

Leur réaction a été instantanée : ils ont dit qu’il s’agissait d’un malentendu. Mais personne ne l’a démentie (la ministre britannique des Affaires étrangères est une femme), et personne n’a désavoué ces déclarations. Ils auraient pu nous dire quelque chose comme : « Vous savez, c’est son opinion personnelle, ne faites pas attention. » Mais personne n’a prononcé un seul mot ! Que devrions-nous penser de cela ? Comment doit-on le considérer ? Bien sûr, nous avons pris cette déclaration comme un avertissement et avons agi en conséquence.

Et maintenant, je vais répondre à votre question sur les volontaires, les conscrits, la loi martiale, etc. En vertu de la loi, la loi martiale est déclarée par un décret présidentiel, qui doit être approuvé par le Conseil de la Fédération, en cas d’agression étrangère, en particulier dans les zones d’hostilités.

Ce n’est pas le cas maintenant, et j’espère qu’on n’en arrivera pas là. C’est le premier point.

Deuxièmement, à propos de l’état d’alerte. Il existe plusieurs options : la loi martiale ou l’état d’alerte, qui est également déclaré par un décret présidentiel et approuvé par le Conseil de la Fédération en cas de menaces internes à grande échelle.

Il y a aussi l’état d’urgence. Il est généralement déclaré dans une région spécifique ou dans tout le pays en cas de catastrophe d’origine humaine, de catastrophe naturelle, etc. Heureusement, ce n’est pas le cas non plus.

Nous n’envisageons pas de déclarer l’état d’alerte sur le territoire de la Fédération de Russie. Il n’y a pas de tels plans et aucune nécessité pour cela maintenant.

Oui, nous voyons que des tentatives sont faites pour déstabiliser notre société. C’est d’ailleurs une preuve supplémentaire de ce que j’ai dit, à savoir que nous n’avons pas affaire à des radicaux ordinaires mais à des néonazis. Notre peuple peut exprimer librement ses opinions sur ce qu’il aime ou n’aime pas dans nos actions en Ukraine. Mais en Ukraine, ceux qui expriment des opinions comme le font les membres de la partie soi-disant libérale de notre société sont attrapés dans la rue et fusillés. Nous en avons la preuve. Nos services de sécurité collectent ces informations et les fourniront ultérieurement. Ils sont tout simplement abattus. Dans notre pays, certains de nos intellectuels libéraux organisent des rassemblements de protestation, mais ceux qui disent des choses similaires sur la Russie en Ukraine sont tout simplement exécutés sur-le-champ, sans inculpation ni procès.

Maintenant, à propos de la loi martiale. Pour rappel, elle est généralement imposée en cas d’agression extérieure, de menace militaire. J’espère que cela n’arrivera pas, malgré les déclarations irresponsables de certains dirigeants occidentaux.

Nous entendons des voix selon lesquelles une zone d’exclusion aérienne devrait être imposée au-dessus de l’Ukraine. Il est impossible de faire cela en Ukraine même. Cela ne peut se faire qu’à partir du territoire des États voisins. Cependant, nous considérerons tout mouvement dans ce sens comme une participation au conflit armé du pays à partir duquel le territoire crée une menace pour nos militaires. Nous les considérerons comme des participants aux hostilités dès la seconde même où ils prendront cette décision. Leur appartenance à telle ou telle organisation [OTAN ou autre] n’aura alors aucune importance. Donc j’espère que la compréhension de ce point est claire et que cela n’arrivera pas non plus.

Seuls des militaires professionnels –officiers et soldats de métier– participent à cette opération. Il n’y a pas de conscrits et nous ne prévoyons pas de les impliquer. Pour rappel, seuls les hommes qui ont fait un choix volontaire très responsable de participer à cette opération et de défendre leur Patrie participent à cette opération. Ils s’acquittent honorablement de cette mission. Dans ma réponse à votre première question, j’ai donné la raison pour laquelle il en est ainsi et pourquoi nous sommes en droit de le dire.

Il en va de même pour ceux qui sont appelés aux camps d’entraînement. Nous ne prévoyons pas non plus d’envoyer cette catégorie en Ukraine. Ils sont régulièrement appelés dans des camps d’entraînement. Ils ont été appelés avant et ils seront appelés après. Mais nous n’allons pas faire participer cette catégorie à ce conflit, à cette opération. Nous avons suffisamment de forces et de moyens pour faire face aux tâches que nous nous sommes fixées avec l’utilisation de l’armée professionnelle.

Soit dit en passant, en parlant de l’opération elle-même, je sais qu’il y a beaucoup de spéculations à ce sujet. Franchement, je n’ai pas le temps d’en parler, mais on me rapporte qu’il y a beaucoup de bavardages sur ce qui se passe. Tous les analystes voient ce qui se passe, donc je ne vous révélerai aucun secret. Nous aurions pu agir de différentes manières. Nous pourrions simplement (en passant, cela répond en partie à votre question) aider les républiques du Donbass directement sur la ligne de contact, en première ligne, pour ainsi dire, et simplement les renforcer avec notre armée. Mais dans ce cas, l’autre côté, je veux dire le soutien inconsidéré aux nationalistes et aux radicaux venant de l’Occident, aurait fourni un soutien sans fin avec les ressources matérielles, les munitions, l’équipement, etc.

Par conséquent, notre état-major et le ministère de la Défense ont pris une autre voie. La première chose qu’ils ont faite a été de détruire toute l’infrastructure militaire ukrainienne. Pas complètement mais la plupart : dépôts d’armes et de munitions, avions et systèmes de défense aérienne. Détruire les systèmes de défense aérienne prend un certain temps (vous êtes des civils, mais vous êtes connecté à l’aviation), ils doivent être identifiés puis touchés. Ce travail est pratiquement terminé. D’où la demande d’imposer une zone d’exclusion aérienne. Cependant, cela aurait des conséquences énormes et désastreuses non seulement pour l’Europe, mais aussi à l’échelle mondiale. Je pense que ceux de l’autre côté qui ne sont pas complètement perdus le comprennent.

C’est pourquoi nous avons choisi cette voie, et elle s’est avérée tout à fait correcte. Nos militaires travaillent sans hâte et mettent tout en œuvre pour assurer la sécurité des civils. Malheureusement, ces bandits, les néo-nazis n’épargnent pas les gens. Ils abattent même leurs propres militaires qui ne veulent pas offrir de résistance armée. Nous connaissons également ces faits. Les nationalistes, les pro-Bandera, les néo-nazis –il est difficile de les appeler autrement– tirent sur leurs propres militaires. Ces nationalistes ont été placés dans presque toutes les unités militaires, jusqu’à plusieurs dizaines dans chacune, et ils agissent exactement de cette manière cruelle.

Mais je répète que nous n’engageons pas et n’allons pas engager des conscrits ou des réservistes dans cette opération militaire. J’estime que notre armée accomplira toutes les tâches auxquelles elle est confrontée, et je n’ai pas le moindre doute là-dessus. Le déroulement même de l’opération le prouve. Tout se déroule comme prévu et tout se fait selon le plan de l’état-major.

Quant aux volontaires et à ces jeunes qui viennent dans les postes de recrutement militaire, nous leur sommes reconnaissants pour cet élan patriotique et la volonté de soutenir le pays et les Forces Armées. Le fait même de leur venue importe, c’est sûr. Cependant, leur aide n’est pas nécessaire pour le moment, et je crois qu’elle ne le sera pas.

Je me tourne vers les caméras pour qu’elles me voient et m’entendent dire « Merci ».

Continuons. […]

Voir également notre dossier sur la situation en Ukraine.

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