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Armes chimiques en Syrie : Obama à reculons


 

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jeudi 25 avril 2013, par La Rédaction

Les États-Unis ont reconnu pour la première fois jeudi que le régime syrien avait probablement utilisé des armes chimiques, soulignant toutefois que leurs renseignements n’étaient pas suffisants pour avoir la certitude que Damas avait franchi la « ligne rouge » tracée par Washington. « La communauté américaine du renseignement conclut, avec différents degrés de certitude, que le régime syrien a utilisé des armes chimiques à petite échelle en Syrie, en particulier du sarin », a affirmé le secrétaire à la Défense Chuck Hagel.

M. Hagel, qui s’exprimait face à des journalistes lors d’une visite à Abou Dhabi, a remarqué que le renseignement de son pays enquêtait depuis longtemps sur ce dossier et qu’il était parvenu à cette conclusion « dans les dernières 24 heures ». La Maison-Blanche a ensuite confirmé avoir communiqué cette évaluation à des élus du Congrès, mais souligné que les indices ne constituaient pas encore une preuve formelle à ses yeux. « Étant donné les enjeux, et ce que nous avons appris de notre propre expérience, les évaluations du renseignement ne sont pas suffisantes à elles seules. Seuls des faits dignes de foi et recoupés qui nous apporteront un certain degré de confiance guideront notre processus de prise de décision », a déclaré la porte-parole du Conseil de sécurité nationale (NSC), Caitlin Hayden.

L’évaluation de la communauté du renseignement américain est « fondée en partie sur des prélèvements » sur des personnes, a-t-elle révélé. Mais « la chaîne de transmission (des échantillons) n’est pas claire, donc nous ne pouvons pas confirmer comment l’exposition (au sarin) a eu lieu », a remarqué la porte-parole du NSC, le cabinet de politique étrangère du président Barack Obama.

M. Obama avait mis en garde à de nombreuses reprises le régime Assad contre le recours à ses stocks d’armes chimiques, affirmant notamment le 20 mars dernier en Israël qu’il s’agirait d’ »une grave et tragique erreur », et qu’un tel développement « change(rait) la règle du jeu ». Il avait aussi parlé de « lignes rouges » à ne pas franchir pour Damas. « Précisément parce que le président prend cette question très au sérieux, nous avons l’obligation d’enquêter scrupuleusement sur tous les indices de l’utilisation d’armes chimiques en Syrie. C’est la raison pour laquelle nous insistons pour une enquête des Nations unies qui pourrait évaluer les preuves et établir ce qui s’est produit », a affirmé Mme Hayden.

L’évolution de la position de la Maison- Blanche est spectaculaire : mardi encore, le principal porte-parole de M. Obama, Jay Carney, avait assuré que la présidence n’était « pas parvenue à la conclusion » que de telles armes, illégales selon les traités internationaux mais dont le régime de Bachar el-Assad reconnaît posséder d’importants stocks, avaient été employées. Les développements de jeudi – Londres a de son côté affirmé disposer d’informations « convaincantes » sur l’usage d’armes chimiques en Syrie – ont provoqué une vive réaction au Congrès américain, où certains élus républicains pressent de longue date M. Obama d’adopter une ligne plus dure face au régime Assad, après plus de deux ans de conflit sanglant.

Sur son compte Twitter, le sénateur John McCain a ainsi estimé que le régime Assad avait « franchi la ligne rouge », tandis que le président républicain de la commission des forces armées de la Chambre, Buck McKeon, a appelé le président Obama à l’action. « Je me pose des questions sur l’utilité de ’lignes rouges’ si elles sont floues et sans conséquences. Je suis certain que le président ne souhaite pas que la détermination des États-Unis soit mise en doute », a-t-il affirmé.