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Bachar al-Assad en appelle au verdict des urnes, les autres ont peur


Par Ghaleb Kandil

 

Les propos sans cesse répétés sur le refus de toute ingérence étrangère en Syrie constituent une grande tromperie politique dans laquelle sont également tombés des Etats et des forces censés être solidaires de Damas dans la résistance farouche et déterminée qu’il oppose au plan impérialiste visant à maintenir l’hégémonie américaine unilatérale sur le monde.

Ce qui se passe en Syrie depuis l’éclatement des troubles est en réalité une ingérence étrangère directe sur les plans militaire, sécuritaire, économique, financière, politique, diplomatique et médiatique. Cette guerre universelle déclarée contre la Syrie a été imaginée et planifiée par les Etats-Unis, qui ont réparti les rôles à chaque pays ou acteur non-étatique, au Moyen-Orient et dans le monde. De la sorte, Washington ne se voit plus contraint d’envoyer directement son armée pour détruire la Syrie, car de toute façon, la force de ce pays et ses alliances régionales et internationales doivent être prises en compte dans toute aventure militaire américaine.

Il serait naïf, voire ridicule, de répéter le leitmotiv de la nécessité de mettre un terme à la violence et de commencer le dialogue, tant que des mesures fermes et strictes ne sont pas prises pour mettre un terme à l’envoi d’armes, de terroristes, d’argent et de soutien de tous genres en Syrie. L’arrêt de la violence et le début du dialogue doivent s’accompagner d’une résolution internationale contraignante, exigeant le démantèlement des chambres d’opération au Liban et en Turquie et la fermeture des camps d’entrainement ouverts dans les pays limitrophes qui préparent les terroristes avant de les exporter vers la Syrie.

Toutes les façades de l’opposition n’ont aucune influence sur les groupes armés qui sèment la mort et la désolation en Syrie. Et la plupart des rapports crédibles et des enquêtes sérieuses montrent que la principale force sur le terrain est le Front qaïdiste al-Nosra et les groupes takfiristes internationaux, qui viennent, de l’aveu même des Nations unies, de 29 pays arabes et musulmans. Les Frères musulmans syriens et leurs sbires de la coalition de Doha ne sont que des façades manipulées par Al-Qaïda.

Les changements survenus sur le terrain devraient pousser les amis et alliés de la Syrie à lancer une campagne mondiale visant à soutenir l’Etat national syrien face au terrorisme takfiriste et qaïdiste. L’acceptation par les Etats-Unis de mesures précises pour lutter contre les terroristes devrait être la position minimale, au lieu de glisser vers des discussions avec les Américains portant sur des affaires syriennes internes censées être des questions souverainistes. Des questions que Washington et ses petits agents, notamment les pétro-autocraties, n’ont nullement le droit d’évoquer. D’autant que ces pétro-autocraties ne disposent ni de Constitution, ni d’élections.

Le fait que le pouvoir syrien soit disposé à dialoguer et à élargir le partenariat politique au sein des institutions est un signe de confiance et de force, qui prend sa source dans l’incontestable soutien populaire dont jouit le président Bachar al-Assad. Le chef de l’Etat syrien est prêt à relever le défi de la démocratie, en acceptant le verdict des urnes, seul moyen de savoir qui représente réellement la conscience nationale des Syriens. Mais tous les autres, en Syrie et à l’étranger, qui font de la surenchère démocratique, sont-ils disposés à relever ce défi? Visiblement non, car ils posent comme condition préalable à l’arrêt de la guerre universelle contre la Syrie un engagement du président Assad qu’il ne se présentera pas à la présidentielle de 2014. Drôle de conception de la démocratie, celle qui interdit à un citoyen de s’en remettre au verdict des urnes.

La vérité c’est que tous savent que Bachar al-Assad reste, aux yeux de son peuple, le garant de l’unité, de la souveraineté et de l’indépendance du pays, et le symbole d’une Syrie forte et fière. Et eux veulent une Syrie humiliée, affaiblie, brisée et inféodée aux pétro-autocraties.

Mais ça, jamais ils ne l’obtiendront!

Source : New Orient News