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Georges Ibrahim Abdallah : Calonne la… rouge célèbre son citoyen d’honneur !


Mardi 22 mai 2012 2

André Delcourt avec Jacques VergèsJeudi 23 février 2012. Le conseil municipal de Calonne-Ricouart, à l’unanimité, élève Georges Ibrahim Abdallah au rang de citoyen d’honneur de l’ex-commune minière. Du jamais vu !

 

Samedi 19 mai 2012. 19h 30. Salle des mariages de l’hôtel de ville de Calonne-Ricouart. Ceint de son écharpe tricolore, André Delcourt, maire et conseiller général communiste, procède à la remise de la Médaille de la Ville et du diplôme de citoyen d’honneur à une militante parisienne en contact régulier avec le plus ancien prisonnier politique incarcéré dans l’Hexagone. L’instant est solennel, l’émotion palpable.

 

Suzanne Le Manceau, du Collectif pour la Libération de Georges Ibrahim Abdallah (CLGIA), lui transmettra ces précieux témoignages de solidarité, le week-end prochain, lors d’un parloir à la prison de Lannemezan où le résistant communiste libanais a entamé sa 28ème année d’emprisonnement. Un coin de la République française célèbre ainsi son engagement anti-impérialiste et antisioniste… Une salve d’applaudissements accompagne cet acte hautement symbolique. « Qu’il puisse marquer le début d’une large mobilisation dans toute la France », imagine volontiers Jacques Vergès, son avocat, qui dit toute l’humanité d’un militant révolutionnaire de la Cause palestinienne dont le seul crime est bien de n’avoir jamais renié ses engagements.

 

« La justice française, putain de l’Amérique ? »

 

Et Jacques Vergès de dénoncer les ingérences des États-Unis qui bloquent l’élargissement de Georges Ibrahim Abdallah. Il est pourtant libérable depuis… 1999. Douze ans. Une éternité ! En 2003, la cour d’appel de Pau avait bien émis un avis favorable, mais le Parquet avait immédiatement saisi la cour de cassation. « C’est une honte. La justice se couche. Elle se conduit comme la putain de l’Amérique. Sommes-nous un protectorat américain ? »,  s’interroge Jacques Vergès dont l’intensité et la profondeur du propre engagement anti-impérialiste conforte l’assistance dans son ambition de « sensibiliser encore et toujours autour du dossier Abdallah afin qu’il regagne le Liban libre et en héros », confie un militant du comité « Libérez-les ! » de soutien aux prisonniers et réfugiés politiques (59 – 62), en présence d’une large délégation du collectif « Solidarité Georges » de Lille.

 

Des initiatives tous azimuts !

 

Déjà le maire communiste de Grenay a emboîté le pas à son homologue calonnois. Christian Champiré vient d’écrire à Georges Ibrahim Abdallah pour lui annoncer qu’il était aussi, depuis quelques semaines, le « citoyen d’honneur » de sa commune des environs de Liévin. Un élu PCF d’Auchel promet de proposer une motion de soutien lors du prochain conseil municipal. Un autre du Parti de Gauche en fera de même à Isbergues, un bastion ouvrier là encore… Au cœur d’un Bassin minier du Pas-de-Calais pétri d’internationalisme, le vœu de Jacques Vergès semble bénéficier d’un début d’exécution. Même le député PS Serge Janquin a saisi Christiane Taubira, la nouvelle garde des Sceaux, pour qu’elle mette fin à ce « scandale ». De bon augure dans ce dossier éminemment « politique »…

 

Note de Résistance : Georges Ibrahim Abdallah est un libanais né en 1951, membre du Front Populaire de Libération de la Palestine (FPLP). Au cours de l’année 82, sont successivement assassinés à Paris trois diplomates, deux Américains et un Israélien. Georges Ibrahim Abdallah est arrêté à Lyon en 84, puis condamné en 86 pour faux et usage de faux (il aurait été en possession d’un « vrai-faux » passeport algérien). Puis en 87, il est à nouveau condamné par une cour d’assisses « spéciale » car une arme de poing ayant été utilisée lors des assassinats de 82 aurait été opportunément retrouvée dans un lieu où il aurait auparavant séjourné. Il est alors accusé de complicité d’assassinat, et, pour ce motif, condamné à la perpétuité. Son avocat est Jacques Vergès.