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Israël : l’envers de la «promesse»


En réponse aux «exhortations» des Etats-Unis et de leurs satellites à propos de la poursuite des spoliations de ce qui reste de terres palestiniennes, Benyamin Netanyahu, le Premier ministre sioniste a déclaré : «Aujourd’hui, nous bâtissons et nous continuerons de bâtir à Jérusalem et dans tous les lieux qui sont inscrits sur la carte des intérêts stratégiques de l’entité sioniste.» Il a le mérite d’être franc, comme l’ont toujours été ses prédécesseurs depuis la création scélérate d’Israël, au cours de la longue dynamique d’expulsion-annexion de territoires, qui ne s’est jamais arrêtée. Netanyahu n’a fait que rappeler que ce processus reste en vigueur envers et malgré tout, autant qu’il restera un mm² de Palestine. Jusqu’à présent et sur ce plan, la réalité lui donne raison. Si toutes les résolutions onusiennes ont été archivées, au lieu d’être jetées à la poubelle, on n’est pas loin  de les sortir pour rappeler ce que les sionistes font des «condamnations» et autres «exhortations». Pourtant, l’entité sioniste – ce «rassemblement des exilés» qu’il devait être, cette «Terre promise» qui doit ratisser tous les juifs de la planète pour les «rapatrier» – n’est plus ce qu’il était dans l’imaginaire de ceux qui l’avaient construit à coups de milliards de dollars. Les migrants, qui ont afflué de tous les coins du globe, y trouvaient une terre, une maison et la garantie que plus rien ne les inquiéterait, sauf le «terrorisme» palestinien. La fraternité juive, par-dessus tout , devait cimenter la communauté contre un monde hostile et exterminateur , à l’occasion. En échange du paradis, au départ, on s’est fait comme on a pu aux clivages ethniques ashkénazes/sépharades. La fraternité d’armes renforçait la fraternité tout court , et peu  importait que certains avaient plus de «promesses» que d’autres, puisque tout le monde, ou presque, vivait mieux que dans son propre pays d’origine. Mais, imperceptiblement, au fur et à mesure que s’installait la nouvelle société, elle ressemblait de moins en moins à celle qui était «promise». Nous sommes en 2012 et la guerre aux Palestiniens continue de souder l’entité sioniste, mais rien ne va plus.  La «Terre promise» perd fortement de son éclat, pire : on s’y immole par le feu. Moshe Slimane et Akiva Mafi, deux citoyens de la société idéalisée, ont fait le geste qui révèle la profonde détresse que peut produire une société ordinaire, inégalitaire, exclusive et surtout impitoyable vis-à-vis des plus faibles. Devant l’irruption des contradictions sociales, naïvement , des voix s’élèvent pour entretenir l’espoir et dédouaner le mythe sioniste. Le rabbin Benny Lau, par exemple, a cru conjurer la réalité, en déclarant qu’Israël «ne mérite pas d’être considéré comme un Etat juif tant qu’il ne suit pas les règles de justice sociale». Comme si le fait d’être juif faisait échapper aux règles implacables du néolibéralisme ou à l’amoindrissement des aides financières des Etats-Unis et du sionisme international. Ces règles, qui font que les chiffres donnés par l’Institut national d’assurance (Bitouah Leumi), indiquent qu’un quart de la population, soit 1.830.000 Israéliens, dont 861.000 enfants, vivent en dessous du seuil de pauvreté. De surcroît, travailler ne protège plus de la pauvreté, puisque «60% des personnes considérées comme pauvres ont un emploi». D’autres sources nous informent que même la population de rescapés des camps nazis, ces icônes qui fournissent le chèque sans provision au sionisme, comptent 50.000 personnes qui vivent sous le seuil de pauvreté. Ainsi miné, jusqu’à quand le sionisme tiendra-t-il ?   

Par Ahmed Halfaoui

lesdebats.com