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John Kerry déçoit les monarchies du golfe Persique .


 par Hassan Moali

 

John Kerry déçoit les monarchies du golfe Persique, par Hassan Moali

 

Le passage du nouveau secrétaire d’Etat américain, …

..John Kerry, dans le golfe Persique, ne semble pas tout à fait «béni» par les souverains de ces monarchies pétrolières.

Et pour cause… Ils attendaient de lui au moins deux choses : qu’il donne le feu vert pour l’armement des rebelles syriens et qu’il menace directement l’Iran pour son programme nucléaire. Mais au final, John Kerry, qui connaît parfaitement les enjeux de la région, aura donné un goût amer au thé qu’il a pris «séparément» avec les ministres des Affaires étrangères de ces pays du golfe Persique.
Sur le dossier syrien, John Kerry a clairement exclu que les Etats-Unis puissent armer les rebelles, même s’il a promis de les «renforcer». «Les Etats-Unis s’engagent à continuer d’œuvrer pour renforcer l’opposition syrienne», a affirmé M. Kerry lors d’une conférence de presse conjointe avec son homologue saoudien, le prince Saoud Al Fayçal.

Mais le secrétaire d’Etat américain, dont l’Administration refuse d’armer les rebelles syriens, a insisté sur le fait qu’il n’y avait «pas de garanties que des armes ne tombent entre de mauvaises mains». En creux, John Kerry a laissé entendre que tous les rebelles syriens ne sont pas forcément des opposants fréquentables dans une allusion, à peine voilée, aux mercenaires islamistes multinationaux qui ont essaimé en Syrie grâce, précisément, à l’argent des pays du golfe Persique. Pas de quoi réjouir Saoud Al Fayçal qui arborait une mine un tantinet contrariée en écoutant les déclarations de son invité, alors que son pays et ses voisins du golfe Persique pensaient que les Etats-Unis avaient enfin décidé de solder les comptes à Bachar Al Assad et aux dignitaires iraniens. C’est alors que le chef de la diplomatie saoudienne est intervenu pour soutenir «le droit du peuple syrien à se défendre» et réclamer un «embargo sur les armes à destination du régime syrien».

Les doutes de Washington

A propos de l’Iran, obsession des monarchies du golfe Persique, l’envoyé spécial de Barack Obama ne semble pas non plus avoir fait sensation aux yeux de ses hôtes. Il a certes déclaré que les négociations sur le nucléaire ne pourraient pas se prolonger «indéfiniment», mais il a précisé que la voie diplomatique reste l’option prioritaire. «La diplomatie demeure notre premier choix (….), mais les pourparlers ne se poursuivront pas indéfiniment», a-t-il nuancé. C’est dire que cette première tournée du successeur de Mme Clinton dans le Golfe ne risque pas de rester dans l’histoire. Les six pays arabes du Conseil de Coopération du Golfe Persique (CCGP), alliés des Etats-Unis, qui leur reprochent leur refus d’armer l’opposition syrienne et leur attitude moins ferme à l’égard de l’Iran, sont restés une nouvelle fois sur leur faim. John Kerry, un vétéran de la guerre du Vietnam qui s’est découvert ensuite une âme de «pacifiste», a donc déçu plus qu’il n’a satisfait le «groupe des six» du golfe Persique.

Pourtant, ils avaient préparé le terrain, dimanche dernier, en réitérant leur soutien à un «règlement négocié» en Syrie et appelé le Conseil de Sécurité à adopter une résolution pour «protéger les civils syriens sous le chapitre 7», qui prévoit des mesures coercitives. S’agissant de l’Iran, le prince Saoud s’est contenté, hier, d’exprimer «l’espoir» que les négociations entre l’Iran et les grandes puissances «aboutiraient à une solution radicale».

 Source : El Watan