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La priorité de Morsi


La Syrie et les Etalons (Fhoula) musulmans à la Mecque

 

Chaque jour qui passe confirme le rôle instrumental des Frères musulmans, au service de recolonisation de la région. Empêtré jusqu’au cou dans une profonde crise, économique, sociale, politique, le président égyptien, Mohamed Morsi, contre toute attente, ne rate aucune occasion de montrer sa priorité de l’heure, qui est celle des pays de l’OTAN : travailler à l’effondrement de l’Etat syrien. Après avoir fait taire les télévisions syrienne sur Nilesat, pour laisser le champ libre à Aljazeera, Alarabiya et consorts, il vient de déclarer qu’il était d’accord avec  le président de la commission européenne qui a déclaré que « Assad ne mérite pas de rester président de la Syrie ». Morsi invite le Syrien à « tirer les leçons de l’histoire récente ». Suggérant qu’il fait partie de cette histoire récente. Alors que ceux qu’il courtise et pour qui il fait tout ce qu’il faut en termes de compromission et de servilité, ne lui rendent pas la pa-reille ; il en est, aussi bien, du maître adulé, le Potus Barack Obama, que de l’un de ses subalternes, Laurent Fabius, le ministre français des affaires étrangères. Le premier, sans le moindre égard diplomatique,  considère que  l’Egypte n’était pas  un allié et y va de ses mises en garde. Il constate, du haut de sa puissance, qu’il y a « un nouveau gouvernement qui tente de trouver sa voie », tout en menaçant qu’il se posera un  « un vrai gros problème » s’il « ne prend pas ses responsabilités ». Vient ensuite l’outrecuidance de Fabius qui dit qu’il dira à Morsi: « La France aide au développement des libertés mais en même temps, il faut marquer les lignes rouges : respect des droits de la personne humaine, des femmes, de la vie ». Morsi n’en a cure, le peut-il ? Le veut-il ? Il n’avalera même pas sa dignité, puisqu’il devrait en avoir une pour que cela soit possible. Il accepte ce qui n’est pas un affront, de son point de vue de candidat à l’allégeance reconnue, difficile à obtenir. Il baissera les yeux, arborera son éclat de rire à la commande, acquiescera autant qu’il sera nécessaire, devancera l’appel. Pourvu qu’il soit un jour dans les bonnes grâces occidentales. Et avec ce profil, il serait en voie de faire revenir l’Egypte dans l’échiquier de la région. C’est, en tous les cas, ce qu’il déclare, à qui veut l’entendre et croire qu’avec la situation dans laquelle se débat l’Egypte, il soit possible d’avoir autant de prétention. A moins de jouer au dernier violon, derrière les monarques, et si la baguette du chef d’orchestre veut bien l’activer. C’est bien le rôle qui a dû lui être imparti, qui fera reculer son pays encore plus au fond de la scène régionale, avec en contrepartie la promesse d’un soutien, toutefois conditionné, au maintien des Frères contre le bouillonnement de la rue égyptienne qui enfle. La partie sera d’autant plus serrée si c’est l’autre face du pouvoir étatsunien qui s’installe à la Maison Blanche. Mitt Romney, le candidat républicain, croit que « l’Egypte doit comprendre qu’elle doit honorer son traité de paix avec Israël ». On n’en saura pas plus. Les détails seront donnés, en privé, au Frère qui sera, certainement, aux ordres et qui dévoilera sans doute le degré de soumission qui lie la confrérie aux décideurs de Washington.

Par Ahmed Halfaoui