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L’Irak envisage de se procurer 14 avions Rafale, des CAESAr et des drones auprès de la France


Publié par Gilles Munier sur 13 Février 2022, 10:06am

Catégories : #Irak

Photo : État-major des armées

Par Laurent Lagneau (revue de presse : Zone Militaire – 12/2/22)*

Le 25 janvier, deux Rafale affectés à la base aérienne projetée [BAP] en Jordanie au titre l’opération Chammal ont pris part à un exercice de combat aérien avec quatre F-16 irakiens. Selon les explications livrées par l’État-major des armées [EMA], leur mission était d’attaquer un point défendu par la force aérienne irakienne. Et d’ajouter que « différentes cinématiques ont été effectuées par les chasseurs français, obligeant la force adverse à manœuvrer pour défendre la zone ».

Un tel exercice franco-irakien n’était pas nouveau… puisque trois furent en effet conduits en 2021, alors que Bagdad avait fait part de son intérêt pour l’avion de combat produit par Dassault Aviation. Mais pour l’EMA, il s’agit avant tout d’accompagner les forces irakiennes « dans leur montée en puissance et jusqu’à l’atteinte d’une autonomie complète », conformément à la mission de conseil et d’assistance de la coalition anti-jihadiste dirigée par les États-Unis.

Cela étant, la force aérienne irakienne éprouve quelques difficultés à maintenir en état de vol ses 34 F-16IQ, acquis auprès des États-Unis en 2011. Difficultés qui se sont accentuées avec le départ des techniciens américains chargés de leur entretien. Et il est désormais estimé qu’elle peut compter sur une vingtaine d’appareils disponibles. En outre, il lui manque des munitions et certains capacités jugées cruciales.

En janvier 2021, le ministre irakien de la Défense, Juma Enad Saadoun, confirma l’intérêt de Bagdad pour le Rafale, allant même jusqu’à dire qu’un contrat était alors sur le point d’être signé, les aspects financiers n’étant pas encore définis. Mais il ne précisa pas le nombre d’avions pouvant être acquis.

Dans le même temps, il fut avancé que l’Irak cherchait aussi à se procurer des avions de combat sino-pakistanais JF-17 Thunder auprès d’Islamabad. Le quotidien The Nation rapporta, en septembre 2021, qu’une commande de 12 exemplaires allait être prochainement signée.

Lors d’in entretien accordé à al-Arabiya, le 30 janvier dernier, le Juma Enad Saadoun déclara que l’Irak avait « signé un contrat avec une société pakistanaise pour l’achat d’avions », sans plus de précision… Était-ce celui des JF-17 Thunder? Ou bien s’agissait-il d’une commande d’avions d’entraînement Super Mushshak proposés par le Pakistan Aeronautical Complex [PAC]? En tout cas, c’est ce qu’a affirmé Norman Ricklefs, qui dirige le cabinet de conseil NAMEA Group, proche du gouvernement irakien.

Selon Defense News, celui-ci s’est récemment entretenu avec des responsables du ministère irakien de la Défense au sujet de leurs intentions en matière d’équipements militaires. C’est ainsi qu’il a appris que Bagdad a toujours d’intention de se procurer 14 Rafale « pour un coût de 240 millions de dollars [l’unité], payés en pétrole plutôt qu’en espèce ». Le prix avancé par M. Ricklefs – soit 3,36 milliards de dollars – doit comprendre les munitions, le soutien, les pièces de rechange et la formation. Cela étant, d’autres contrats sont les tuyaux.

En effet, Norman Ricklefs a également indiqué que le ministère irakien de la Défense était en train d’étudier une offre française concernant 20 drones – dont le type n’a pas été précisé – et que celui-ci enverrait prochainement une délégation en France pour évaluer le système proposé.

Si l’on se réfère à un entretien donné à l’agence de presse irakienne par le général Qasim al-Muhammadi, le chef d’état-major des forces terrestres irakiennes, il s’agirait vraisemblablement de drones tactiques Patroller.

« L’Irak négocie de nombreux contrats, y compris pour des drones armés capables de voler pendant 30 heures dans l’espace aérien irakien, de détruire des cibles et de surveiller en permanence diverses régions, avec une capacité et une efficacité éprouvées », avait-il confié. Et le seul appareil de ce type que la France peut actuellement proposer est le Patroller, de Safran… Lequel n’est pas encore entré en service au sein de l’armée de Terre. À noter que, selon M. Ricklefs, le Pakistan est aussi sur les rangs pour vendre 20 drones à Bagdad.

Enfin, le général al-Muhammadi a aussi laissé entendre que Bagdad envisage l’achat de « d’excellents systèmes d’artillerie de grande précision » auprès de la France. En clair, le CAESAr [Camion équipé d’un système d’artillerie de 155 mm] de Nexter pourrait prochainement équiper les forces irakiennes, après avoir été déployé avec efficacité en Irak par l’armée de Terre [TF Wagram] dans le cadre des opérations menées contre l’État islamique.

*Source : Zone Militaire (opex360.com)

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