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Syrie : un évêque proche de la vérité par Mathieu Perreaul



Cette photo tirée du réseau Shaam News Network... (Photo: Shaam News Network/AP)

Cette photo tirée du réseau Shaam News Network -qu’AP ne peut certifier- montre des corps d’enfants, tués lors d’une attaque dans la province de Hama, au centre de la Syrie. La communauté internationale a unanimement condamné ce nouveau massacre, qui aurait fait au moins 58 morts mercredi. Les forces fidèles au président Assad sont montrées du doigt, mais  qu’en est-il réellement ?.
Photo: Shaam News Network/AP
Mathieu Perreaul La Presse le 08 juin 201
«La paix en Syrie pourrait être sauvée si tous disaient la vérité. Après un an de conflit, la réalité sur le terrain est loin du cadre qu’impose la désinformation des moyens de communication de masse occidentaux.
«Dans la capitale, ce que l’on appréhende le plus, ce sont les voitures piégées et les attentats à la bombe, la plupart du temps le fait de kamikazes alléchés par l’appât du gain, le désir du paradis d’Allah, ou bercés du rêve sunnite de la fin des alaouites au terme de 40 ans de règne. Actuellement, on tente une déstabilisation sanguinaire et systématique du pays par des aventuriers qui ne sont pas syriens.»
Voilà ce qu’a déclaré, à l’agence de presse du Vatican Fides, un évêque catholique de rite oriental, Philippe Tournyol Clos en Syrie. Ces déclarations mettent le Saint-Siège dans l’embarras.
«Le secrétariat d’État du Vatican trouve ce genre de commentaires gênant, indique John Allen, vaticaniste à l’hebdomadaire américain The National Catholic Reporter. Mais le secrétariat pense que les évêques comme Tournyol Clos qui prennent des positions comme celle-ci ont un meilleur diagnostic de la situation sur le terrain que les puissances occidentales qui les fabriquent, particulièrement en ce qui concerne les conséquences pour la minorité chrétienne. Ils ont peur que la Syrie soit le prochain Irak.»
En 2010, après des attentats dans des églises, l’ONU a déploré la fuite des chrétiens d’Irak. Plus d’un demi-million, la moitié du total, ont quitté le pays.
Ironiquement, le président syrien Bachar al-Assad est en partie responsable des attaques contre les chrétiens irakiens parce qu’il a permis à des salafistes d’entrer clandestinement en Irak, souligne M. Aoun. «Il faut dire qu’en Syrie, il y a une culture politique de crainte de l’islamisme, du conservatisme sunnite de l’Arabie saoudite [qui finance la rébellion]. L’alliance avec l’Iran fait moins peur parce que, malgré le conservatisme, les droits des minorités sont un peu plus respectés, à cause du legs historique de l’Empire perse.»

L’an dernier, l’évêque catholique Giovanni Martinelli, de Libye, avait été qualifié de partisan de Kadhafi parce qu’il avait déploré les frappes aériennes sur Tripoli